Le travail de rue : implications, explications et pratiques

L'approche fondatrice du travail de rue est « d'aller vers » pour entrer en relation. Dans ses aspects opératoires, cette pratique repose sur le fait d'investir des espaces tels que la rue, les squares, les entrées d'immeubles, les cages d'escaliers...

à des moments qui tiennent compte des modes de fonctionnement et de la présence des jeunes. Disponibilité, ouverture à la rencontre, écoute et observation figurent parmi les objectifs de cette pratique.

Le travail de rue, depuis les récentes transformations du contexte d'intervention initiées principalement par les opérations de renouvellement urbain, implique la nécessité d'appréhender cette pratique dans toutes ses déclinaisons.


Trois principaux niveaux :


Niveau 1 : intervention en direction des groupes. Ce premier niveau s'applique aux groupes de jeunes identifiés par les équipes éducatives. Ce sont généralement des jeunes qui présentent un niveau de visibilité très élevé et dont les points de fixation sont relativement bien connus par les éducateurs. L'objectif premier de ce premier type d'intervention consiste à consolider une relation éducative en impliquant ces jeunes dans différentes formes d'actions : chantiers, séjours, sorties, projet personnalisé...

Niveau 2 : intégration dans le paysage social et immersion dans les groupes. Ce deuxième niveau concerne des jeunes avec lesquels il demeure une certaine fragilité, voire absence de relation pour de multiples facteurs. Dans ce cas, l'objectif consiste davantage à entrer en relation, à gagner une confiance afin d'asseoir un travail éducatif.

Niveau 3 : observation sociale et repérage de phénomènes territoriaux. Ce dernier niveau concerne des lieux, des endroits, certains secteurs des territoires habilités qui ne font pas forcément l'objet d'une présence avérée ou d'une visibilité régulière de groupes de jeunes, mais pour lesquels les attendus territoriaux invitent, a minima, à y intervenir dans le cadre d'une analyse des besoins en vue de confirmer ou d'infirmer une intervention.

Ce type d'organisation permet de répondre à un double objectif : poursuivre l'action éducative en direction des jeunes identifiés par les équipes et tenir compte des dynamiques sociales à l'échelle du territoire habilité. Cette approche est d'autant plus pertinente que nous intervenons sur des communes qui ont subi de fortes transformations tant sur le plan du cadre de vie que sur celui des repères spatio-temporels.
Elle vise à tenir compte des nouvelles politiques d'aménagement des territoires qui ont pour effet de fondre le quartier dans la ville et cette dernière dans l'agglomération favorisant ainsi les logiques de mobilité spatiale dont la dissociation entre les lieux de résidence et les lieux de présence est un des marqueurs importants.